La 2e cohorte de Démos Avignon s’approche peu à peu des concerts du printemps.
La 2e cohorte de Démos Avignon a entamé sa 2e année. A l’ESC, des élèves de l’école La Trillade suivent deux ateliers par semaine. Un “tutti” a lieu une fois par mois avec la cheffe d’orchestre Debora Waldman. Un dispositif suivi par Rajae Alijani. Nous y reviendrons en détail au printemps. Avec en ligne de mire, le grand concert du 23 mai à l’Opéra du Grand Avignon !










Ce programme consiste en une initiation à la pratique de la musique classique initiée par la Philharmonie de Paris, le Grand Avignon et l’Orchestre national Avignon-Provence et avec le soutien du Fonds de dotation Mommessin-Berger et de la CAF de Vaucluse.
Dans la loupe du chercheur : travail social, famille et musique
Avignon accueille deux orchestres Démos sur son territoire : une version “classique” et une version “avancée” pour les enfants ayant terminé Démos. Mais Démos, c’est quoi ? Le Dispositif d’Education Musicale et Orchestrale à vocation Sociale est créé en 2010 à la Cité de la Musique (Paris). Son objectif : réduire les inégalités d’accès à la musique. Pendant trois ans (CE2-CM2), 80 enfants par orchestre sont accompagnés par un binôme composé de musiciens professionnels et d’un référent social. Dans leur école, un centre social ou une salle de concert, ils font deux ateliers hebdomadaires par groupe (5 par orchestre) et répètent quatre fois par an tous ensemble. Et pour que le projet fonctionne, comment cela se passe-t-il ? En 2024, la Philharmonie de Paris lançait un appel à projet national sur le travail des référents sociaux et l’engagement des familles dans Démos. C’est ainsi que notre groupe de six chercheur.ses – Talia Bachir-Loopuyt, Guillaume Lurton, Lorraine Roubertie-Soliman, Rémi Boivin, Sanhita Sana et moi-même – issus des universités de Tours et de Poitiers (laboratoires CITERES et CEREGE) a souhaité y répondre.






D’octobre 2024 à janvier 2026, je suis allé à la rencontre de l’équipe sociale de Démos Avignon pour comprendre comment elle participe au projet et intervient auprès des familles et des enfants. Après avoir fait des entretiens avec Bouchra, Rajae (Croix des Oiseaux), Emilie, Lucie, Driss, Mathias, Olivia et Isabelle, j’ai également échangé avec vingt parents dont les enfants participent à Démos depuis 2021. A l’échelle nationale, les référents sociaux sont souvent le ciment de Démos. En majorité des femmes, elles viennent d’horizons différents : centre social et/ou culturel, éducation nationale, associations. Démos est une mission au sein de leur profession qui recouvre d’autres activités de médiation, d’animation ou d’enseignement. Près de 64% des référents sociaux ayant répondu à notre questionnaire apprennent à jouer d’un instrument dans Démos, en même temps que les enfants. C’est le cas à Avignon, où l’entraide entre enfants et adultes est de mise. Les référentes sociales interviennent aussi sur la gestion des émotions et les soucis du quotidien. Elles ont une connaissance solide de leur territoire, de par leur ancienneté et leur autorité dans leur quartier respectif de la rocade Sud-Est. Et les familles leur font d’autant plus confiance. Via WhatsApp et des temps de rencontre, ces dernières suivent le projet ou sont invitées à participer au Chœur des Familles. Notre étude s’intéresse alors plus finement à la relation “référent social-famille”. Pour des conclusions plus précises, notre rapport complet sera livré à l’été 2026.
Frédéric Trottier-Pistien, anthropologue (univ. Tours – CITERES)


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