Retour sur la projection débat organisée à Marseille autour d’un film dédié à l’histoire du quartier de la Croix des Oiseaux.
Entre 2013 et 2017, des membres de l’Espace social et culturel de la Croix des Oiseaux et des habitants ont participé à la création d’un film documentaire racontant les souvenirs du quartier avant et après la destruction des deux plus grandes tours d’habitation en 1999, avant et après la fermeture de la MJC en 1998.
Une création intime orchestrée par Sophie-Leïla Condopoulos que nos reporters de la gazette Plume ont rencontré le 25 juin à Marseille dans le cadre d’une projection débat organisée à la Fraternité Belle de Mai, une association connue pour renforcer les liens sociaux et promouvoir l’inclusion des personnes en situation de vulnérabilité et d’isolement.





Une rencontre à laquelle ont participé Saloua, Faïza, Dalila, Arlette, Leïla et Mohamed, qui ont témoigné à l’époque lors du tournage. Encadrés par le journaliste Florian Dacheux et Bouchra Harchaoui du Pôle Familles de l’ESC, Eugénie, Carine, Samira et Naïma ont réalisé une interview sous la forme d’un podcast à écouter ci-dessous.
Toutes et tous ont ensuite échangé sur la réalité de ces quartiers dits populaires, regrettant la stigmatisation et les préjugés. « Ce n’est pas ce qu’on entend à la télé. Il y a beaucoup de solidarité dans nos quartiers. Tout ce qu’il se raconte nous divise. Les gens vivent aujourd’hui dans la peur. Mais il faut continuer à s’imposer et à se battre. Nous avons le pouvoir d’agir », ont-ils et elles clamé de concert.
Voir le film via ce lien Vimeo :
https://vimeo.com/1028507239/cb518fe7b8?share=copy

Présentation poétique par l’équipe du film :
« C’est peut-être bien une ébauche, qui montre ce temps dans lequel nous semblons nous balader, et que l’on a nommé le passé comparé. A partir de ces chemins chaque jour réinventés, qui nous dépassent. Se dé-Passé. Etre dé-Passé, avoir des passés. Entre l’être et l’avoir, tenter ce pas entre soi et ses antérieurs.
Alors on se dit souvent, tu ne seras jamais un souvenir, mais le présent d’autrefois.
Une neige, un feu d’artifice sur les toits, une artiste, un épicier, une naissance, deux, trois, quatre, cent…
Durant presque 40 ans, nous étions un peu plus de 3000 existant.e.s.
Et puis, 1998-1999. Ils ont décompté 4-3-2-1… Explosions. En quelques secondes des peines, amassées par millions de graviers, nos grands immeubles, notre MJC.
A présent, plus de toit assez haut pour se hisser vers l’horizon, et si peu d’artistes pour démultiplier nos raisons.
Alors ? Nous construisons des passerelles, des palettes pour les fleurs. Ici, à même la Terre. Nous naissons et renaissons…. À la Croix des Oiseaux. »


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