Santé mentale : zoom sur la conférence gesticulée « Faut qu’ça sorte » d’Essé Messan programmée à la Mission Locale puis à la Médiathèque Barrault.
Programmée pour la Journée internationale des droits des femmes le 7 mars à la Mission Locale du Grand Avignon, la conférence gesticulée « Faut qu’ça sorte » d’Essé Messan, est à mi-chemin entre un spectacle et une conférence-débat.
Une conférence gesticulée, c’est quoi ? Il s’agit d’une prise de parole en public à laquelle s’ajoutent des monologues empruntés au théâtre. Ici, nous assistons à des illustrations fortes en symboles… comme le fait d’éclater une orange avec un marteau pour signifier la colère, ou le trop plein d’horreurs.
Conçue par Essé Messan, cette création a pour intention de dénoncer les violences sexistes, sexuelles et physiques envers les femmes. Un cri de l’âme d’une femme noire, « une maman solo foudroyée par un violent burn out », qui « aborde la santé mentale, les charges mentales sous un angle intersectionnel ».
Une envie de témoigner
Franco-allemande-togolaise, Essé Messan est née à Lomé (capitale du Togo) avant d’arriver en France durant son enfance. Elle a décidé de raconter ses traumas liés aux abus sexuels, à la discrimination raciale, ainsi que toutes les épreuves socio-économiques et psychologiques que sa famille et elle ont subies en changeant de pays, mais également dans son pays d’origine. Sa conférence gesticulée est issue d’une envie de témoigner.
Après des études en communication à Paris, Essé occupe des postes de consultante avant de se tourner vers le métier de formatrice. En 2018, un ensemble de facteurs lié à son vécu et autres éléments l’ont conduite au burnout. Elle a depuis rejoint le collectif Les Voix Eclairées en tant que formatrice et coordinatrice de projets.
Basée en Bourgogne, Essé a été programmée au Festival d’Avignon 2024. C’est là qu’elle a rencontré Myriam, de l’association avignonnaise Toucouleur Jeunes Visionnaires, qui a fait le lien avec les antennes locales. « Le but est qu’on multiplie ce type d’événements pour libérer la parole », affirme Myriam. Une seconde conférence gesticulée a eu lieu dans ce sens le 11 avril dans l’amphithéâtre de la toute nouvelle médiathèque Barrault dans le cadre de l’Afrique s’invite à Avignon et Avignon Terre de Culture 2025.
Lorsque l’art se mêle à l’information, cela donne un résultat insolite et nouveau, et nous permet de comprendre et d’aborder autrement des situations humaines dramatiques à dénoncer. Tout le monde est concerné : parents, enfants, adolescents, membres de la famille, voisins, professionnels de l’encadrement, centres socio-culturels, écoles, …
Chantale


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